-Nod, asga3, il est presque huit heures, dit violemment la mère à son fils.
Moussa se lève abasourdi ; il s’empare de son sac et quitte la maison sans même faire sa toilette ni prendre son petit déjeuner. Comment songer à ces futilités devant la gravité de la situation? Il court, se retourne parfois et quand il s’aperçoit que la rue est déserte, il redouble d’efforts. Arrivé au coin de la rue, il voit que le portail de l’école est encore entrouvert : -Lhamdoullah! Pourvu que le directeur ne soit pas dans la cour, se dit-il. Il rentre essoufflé à l’école, se glisse le long du préau et emprunte les escaliers cachés qui donnent sur les toilettes. Il s’arrête devant la porte de la classe, fait semblant de frapper puis s’installe lestement à sa place. Noyé dans la sueur, il attend un moment la réaction du maître. Une fois rassuré, il se repose; il récupère; il ne suit pas. Le maître explique gesticule, écrit, efface… et quand il termine la leçon, il jette un regard menaçant sur le retardataire, sans rien dire, puis écrit, au tableau, l’énoncé du problème. -Prenez vos cahiers, écrivez «solution», «opérations». Vous avez dix minutes... Moussa, le front encore ruisselant et les mains moites, exécute l’ordre magistral puis lit et relit l’énoncé. Il n’a rien compris, il n’a rien écrit. Il se met à trembloter. Le maître, les mains derrière le dos, circule entre les rangées en contrôlant le travail des élèves. Il s’approche dangereusement de Moussa. Je vous laisse deviner la fin. Bonsoir.
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vendredi 6 novembre 2009
89- Scène scolaire: le retardataire.
Publié par
Le jardinier des mots
à
15:07
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7 Commentaire(s)-Ajoutez 1 commentaire ICI:
Je fus, un jour, "ce ptit Moussa" mais il y a très longtemps. Et si je m'en souviens, c'est parce que c'était une scène assez pénible.
Un souvenir savoureux me vient àl'esprit à propos du retard!
Au lycée...J'arrive en retard..Je passe au bureau des pions...Je demande un billet d'entrée..Je décline mon nom....
Le pion m'interroge :
- Tu es le frère de X..... (une grosse légume de la ville)?
- Oui! Ma réponse est tombée, sèche et coupante, mais pleine de mauvaise foi adolescente!
- Voilà VOTRE billet, et bonne journée!
J'ai compris ce jour-là que nous n'étions pas égaux devant le retard!
"Il s'approche dangereusement de Moussa". On peut deviner aisément ce qui va arriver.
"Il s’approche dangereusement de..." On peut aisément deviner la suite.
Haha ! Nostalgie, nostalgie.
Et j'ajoute : Souvent, pour ne pas dire toujours, les mains du prof (qu'il met derrière son dos quand il se faufile entre les rangées) portent un ustensile titanesque qui s'abat sur la tête du malheureux élève : Une canne, un "tuyau", un gros compas, etc.
IL FAUT PAYER LE RETARDATAIRE MOUSSA!
De cette belle plume touchante, ce qui est navrant c’est que le retardataire aura un retard scolaire car il a raté le début de la leçon.
Résoudre le problème, c’est de s’attaquer à l’origine : s’il y a retard de 5 minutes c’est qu’il fallait se réveiller 5 minutes plutôt pour être à l’heure…C’est une question de motivation et d’intéressement-
Etre élève est un métier et come tout métier il doit etre rétribué. L’expérience marche très bien aux USA où 15 écoles américaines le font, pour obtenir de meilleurs résultats chez les élèves...L'Académie de Créteil, région parisienne expérimente à partir de octobre 2009 un système de rémunération pour mettre un terme à l'école buissonnière ( chaque bonne action de l’élève sera payée. Ainsi, la somme récoltée aidera les écoles à financer des projets de groupe onéreux comme des voyages de classes, des cours de code de la route, des créations d'associations ou d'entreprises, des actions sociales, des achats de matériels... ). Le Royaume-Uni est déjà bien en avance en termes de lutte contre l’absentéisme (Les adolescents sont payés par semaine 120 dhs 240 dhs 360 dhs pour se rendre en cours. ).
La Mauritanie où j'ai exercé dans les années 80, malgré le discours moralisant de l’UNESCO , a payé ses élèves du primaire à 100dhs /mois (aide déguisée aux parents) pour qu’ils évitent de déserter l’école et devenir berger …et gagner le pari de l’éducation pour tous.
L’argent peut il remplacer la punition du maître « qui s’approche dangereusement de Moussa » ?. Si c'est pour éviter un retard scolaire pourquoi pas ? Et en plus les enfants peuvent s’acheter des ballons pour jouer ou des ordi pour chatter ….
Moralité : il faut sauver le soldat MOUSSA en le payant ...
M. HAJY El mostafa
Je me demande si les écoliers actuels sont aussi craintifs face à leurs enseignants.
Je me demande aussi si les enseignants actuels dégagent autant de "hiba" que leurs collègues d'antan!
Peut-être que la crise de l'enseignement trouve là sa cause, ou l'une de ses causes?
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