mardi 7 août 2012

125 - Vient de paraître: le dico de la cuisine marocaine.

    Billet n° 125: Le dico de la cuisine marocaine
J’ai le vif plaisir de vous annoncer la parution, chez Edilivre, de mon quatrième livre : "le dico de la cuisine marocaine". Il s’agit du deuxième tome d’une série d’ouvrages que je compte éditer sous l’intitulé : "Le Maroc, ce pays qui fascine"



Présentation de l’ouvrage


           C’est pour moi un plaisir inouï de pouvoir, par le biais de ce modeste ouvrage, révéler certains secrets et exalter quelques richesses de l'art culinaire marocain, et ce, dans un but noble: partager et faire connaître. La cuisine n'est-elle pas, selon Oprah Winfrey, " une forme d’art et un cadeau à partager, 1"

           Si je fais l’éloge de la cuisine de mon pays, on me rétorquera sûrement que «chaque nation aime sa cuisine et la considère comme la meilleure de toutes»2. Mais on a toujours classé la cuisine marocaine parmi les meilleures du monde et cette place ne lui a jamais été contestée. A la fois rustique et raffinée, cette cuisine est héritière des traditions et des fortes influences orientales, africaines et andalouses, comme en témoignent, depuis près de huit siècles, le contenu des recueils tels que «Kitab at-Tabikh fil-Maghrib wal-Andalous fi âasr al-Muwahhidin»3 et «Foudalat al-Khiwan fi Tayibat at-Taâm wa al alwan».4

           La gastronomie arabo-judéo-berbère, a toujours su garder sa saveur, sa richesse et toutes ses qualités ancestrales. Facteur de l'identité nationale, elle façonne l'image du Maroc et joue un rôle prépondérant dans sa renommée touristique. "Pour bien aimer un pays, disait Michel Déon, il faut le manger, le boire et l’entendre chanter."

           Au dicton de François Villon et Rabelais "De la panse vient la danse" répond l'adage marocain "quand le ventre est plein, il dit à la tête de chanter". De cette symbolique, se dégagent la complicité, la symbiose et la synergie entre ces deux arts: la gastronomie et la musique. Le délice du palais flatte le plaisir de l’oreille et ainsi, on se représenterait aisément le couscous Madfoune et la musique Malhoune, la main dans la main, peignant d'un pinceau doublement artistique les vastes contrées du pays du couchant.
Sacrée cuisine marocaine!

           Le Mhamer, le Mkhamer, la tangia, la Zlabia, la Sfiria, la Mrosya, le Tachnift, le Tahricht, l'Idernane, l'Ilawane sont autant de mets qui, pour ceux qui en ont goûté, titillent les papilles avant de rimer à l'oreille.
           Comment faire l'inventaire de cette cuisine si riche, si douce, si parfumée, si colorée, si raffinée, si subtile, si savoureuse ?
           Parcourir les villes et les villages, les plaines et les montagnes, se plonger dans les fins fonds du Rif, de l'Atlas, de l'Oriental, du Souss, du Tafilalet ou du Sahara, pour voir tout ce que confectionnent les doigts de fée des hadgates marocaines, est un défi difficile pour ne pas dire impossible à relever.
           Si ce n'était que recenser les trésors emblématiques de la cuisine marocaine en présentant sur un plateau d'argent, le méchoui, le tajine, le couscous, la pastilla ou Kaâb Lghzal, ç'aurait été une chose fort aisée.
           Mais le visiteur étranger aimerait savoir aussi, par exemple, ce que c’est que Ftat Chetba, Markat Hazina, la Knafa, l'Ouarguia ou la Tagoulla. Et c'est justement l'objectif que se propose d'atteindre ce dico qui ne se veut point un recueil de recettes mais un inventaire modeste, non exhaustif, mais passionné du patrimoine culinaire marocain.
           Et puisque "la modestie ajoute au mérite, et fait pardonner la médiocrité5", il faut avouer que cet ouvrage ne montre qu'une infime partie des secrets de la cuisine marocaine.
Comment cerner un domaine où chaque menu a mille facettes, où chaque terroir à mille chhiwates et chaque délice a mille recettes?

Pour consulter la page de cet ouvrage dans le site de l'éditeur,cliquez

ICI


Bonsoir.



(1) Oprah Winfrey - Extrait du "A la cuisine avec Rosie"..
(2)D’après Edouard de Pomiane, médecin et gastronome français..
(3) « Kitab al-Tabikh fil-Maghrib wal-Andalus fiâasr al-Muwahhidin » (la cuisine en Afrique du Nord et en Andalousie au temps des Almohades) est un manuscrit datant du 13è siècle et connu surtout sous le nom d’Anonyme Andalou.
(4)«Fudalat al-Khiwan fi Tayibat at-Tàam wa al alwan» (Les délices de la table et les meilleurs genres de mets), est écrit par Abu Ali ibn al-Hassan ibn Razin Tujibi (1226/1268).
(5)La rochefoucauld-Doudeauville - Extrait du « Mémoires ».

         
Le Jardinier Des Mots                    
Mohammed Marouazi
                



ICI

11 Commentaire(s)-Ajoutez 1 commentaire ICI :

hmida a dit…

Je te félicite pour la publication de ton nouvel ouvrage : je vais commencer à être jaloux...Non, je plaisante, tu l'as deviné!

Encore une fois bravo pour ce que tu fais! Mais tu manques à la blogoma....Si tu pouvais y revenir, ce serait une façon de lui permettre de continuer à vivre!

Bon ramadan!

Le jardinier des mots a dit…

Merci, cher Hmida pour tous tes commentaires encourageants qui me poussent à continuer cette passionnante aventure qu’est l’écriture que, Winston Churchill définit ainsi :
« L’écriture est une aventure. Au début c’est un jeu, puis c’est une amante, ensuite c’est un maître et ça devient un tyran.»

A propos de la blogoma, je lis toujours les articles pertinents de ton blog qui, à ma grande joie, présente de plus en plus un aspect littéraire.


Sérieusement, et si tu te mettais à écrire, tu en as toutes les capacités. Fais-le, ne serait-ce que pour léguer tes productions à ton petit-fils dont tu parles avec grande affection.
"Écrire est toujours un don de soi à autrui."

Mostafa Hajy a dit…

Excellente initiative au moment où les commutateurs du blog s'interrogent quand où et comment le jardinier plantera?
Fidèle à sa chronique sur les splendeurs du Maroc, il persiste et signe un belle affiche sur la cuisine du pays dont certains plats figurent parmi les plus anciens t les résistants face aux chamboulements du progrès (Ftat Chetba, Markat Hazina, la Knafa, l'Ouarguia ou la Tagoulla..).
La splendeur ne s’arrête pas là , elle s'ancree dans l'authenticité de la gastronomie séculair avec les ambassadeurs méchoui, tajine, couscous, voire pastilla ou Kaâb Lghzal.
l'ouvrage a le merite de faire découvrir l'apport culturel de cette cuisine ( à l'origine de la diafa) et qui caractérise l'union et la solidarité du peuple marocain et qui fait de nous un peuple heureux: cérémonies sociales ou religieuses (fêtes, naissances, visite aux saints, aux mausolées, sorties à l'occasion de la DEZZA, la tonte des moutons ou L'HSAD récolte d'orge ...sont tout autant des circonstances de partage de mets bénis mais aussi symbole de profusion et luxuriance tel ces chhiwates que nous réserve ce fascicule.
encore merci à cette invitation, dommage que le livre n'est pas à la portée de tous les lecteurs, mais par ces temps de f^tes nous ne manquerons pas d'avoir l'eau à la bouche et le thé à la main pour saluer l'enchantement des délices du jardinage dégustables à tout âge.
Mais le jardinier préconisera certainement l'art de déguster dans un seul plat, tous en même temps, avec la main, "porteuse de la baraka"...ceci montre bien l'indéfectibilité sociale qui favorise les relations humaines au sein de toute famille.

Mostafa HAJY

Le jardinier des mots a dit…

Merci, Si Mostafa .
Ce commentaire, d’une fécondité admirable, m'incite à persévérer et m’apporte un soutien précieux et chaleureux.
Bravo pour cette vigueur et pour cette verve spontanée, passionnée et généreuse dont tu uses si habilement.

Salvadorali a dit…

mes respect, maître-jardinier ;-) que te dire d'autre que merci et bravo ?
d'ailleurs depuis le remarquable et succulent ouvrage de mme Zette Guinaudeau sur les standards de la cuisine marocaine fassie, je sais trop bien ce que l'art culinaire doit à de simples amateurs éclairés, sans offense à brillat-savarin ;-)
une ou deux remarques de forme tout de même, si tu permets : 1/ le mot "dico" n'est vraiment pas beau, pourquoi donc se priver d'appeler rigoureusement un chat un chat et d'orthographier "dictionnaire" ? 2/ le titre générique de la série est handicapé par la lourdeur de la formule "le cela qui ceci", alors que "fascinant maroc" ou "fascinations marocaines" aurait été nettement plus élégant.

cela dit, ce livre est-il en vente dans toutes les bonnes librairies ? il m'a mis l'eau à la bouche ;-)

Le jardinier des mots a dit…

@Salvadorali:
Merci pour votre passage dans cet espace et pour toutes vos orientations.

abdelhakhoumane@yahoo.fr a dit…


Une école qui s'écroule

Ecole de la compétence ,de la l'humilité et du bon sens.
Le départ de si Abdelfateh est un choc violent pour tout le monde,surtout pour ceux qui l'ont côtoyé.
Abdelfateh était et restera une école à part.

Med Sah a dit…

من قال إن المنايا خبط عشواء تصيب الديار، وللمنايا عشق وذوق في انتخاب الخيار

لكم تضاءلنا لذكر خصال الكبير، وبتنا نرى خُلْقنا صغَار الصغير،

عزائي فيه وعد القدير، بأنْ خير العيش العيش الأخير

{ وللآخرة خير لك من الأولى

Mostafa Hajy a dit…

A LIRE EN RAMADAN POUR NE PAS MOURIR DE FAIM

Un régal de mets , un régal de mots, pour nous éviter l'ignorance et les maux !

Mais au fait qu’est-ce qui fait un maroc gastronomique ?
l'éventail de ses restaurants en plein air (Place Jamâ Lfna) ? L’amour que vouent Chraibi Marouzi entre autres aux spécialités du Bled ? la créativité de ses chefs (Tayyabat !) ?
Sans doute un peu de tout cela.
Un pays peut attirer pour ses monuments historiques, ses rues animées; le livre de M.Marouazi, en s'adressant aux étrangers, peut déplacer les foules de lecteurs pour ses dico de Marrakech et de la cuisine marocaine présentée autrement.

Pèlerin des goûts il passe au peigne fin les plats des régions pour dénicher les différentes appellations et recettes en quête d'authenticité.
Les lecteurs amoureux des recettes d’antan, des légumes anciens (left mahfour) , et de l’esthétique rustre , hésiteront entre viandes, poissons ou légumes cuits à l'étouffée, les initiés iront peut être jusqu’à la Tanjya ou et ; les plus aventureux gouteront aux tripes ou à la tête de mouton bouillie telle quelle !

j'ai compris à travers ce voyage riche en couleur locale pourquoi la cuisine marocaine revisitée atteint des sommets de raffinements avec des Couscous royaux, des Tagines délicieusement parfumés ou Cornes de gazelle aux fleurs d'oranger; mais les plaisirs les plus simples préparés par une maîtresse de maison, une mère ou une grand'mère, voire une Hadga sont toujours les meilleurs.

Mon nez inquisiteur a farfouillé dans le coucous au mais « Baddaz » , L'Bandek, mais rapidement mes narines étaient titillées et happées par les tableaux descriptifs en 3D des cérémonies du thé ou du couscous (« …la boulette arrive toute chaude sur la langue et provoque une éruption, un incendie que même les larmes n’arrivent pas à éteindre…)

Que du vécu, que du bonheur d'être à table en face de ce catalogue de plats .
On en regretterait presque de n'avoir à faire que trois repas par jour

Douzou bikheir !

mostafa HAJY

Le jardinier des mots a dit…

Quel tableau succulent ! Un commentaire truffé de délices finement amandés et nappé d’une sauce de mots savoureusement assaisonnés.

Merci cher Mostafa.

Nada a dit…

Je viens de le commander sur amazon..